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TEMOIGNAGE DE DRISS

portrait driss


TRAIT PORTRAIT : DRISS


Peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Je m’appelle Driss, j’ai 29 ans, je viens de créer une société en SASU dans le bâtiment. J’habite à Roubaix depuis mes 2 ans, j’étais à l’école à Roubaix, j’ai fait un BAC STI électrotechnique et un BTS Informatique, j’ai pas trop aimé donc je me suis réorienté dans le bâtiment.

« Je n’étais pas sérieux à l’école, c’était l’insouciance,
on n’avait pas d’objectifs »

 

J’ai travaillé presque 9 années dans le bâtiment, avec le même patron, j’ai acquis pas mal d’expérience donc c’est pour ça que je voulais créer ma propre entreprise, essayer de travailler pour moi même.

Comment étais-tu à l’école ?

Je n’étais pas sérieux à l’école, c’était l’insouciance, on n’avait pas d’objectifs.Et puis le week-end et des fois le soir je travaillais, en fait mon temps libre c’était pendant l’école, donc je me reposais, je m’amusais là bas, c’est ça qui a fait que j’ai chaviré mais sinon je m’en sortais bien à l’école, j’ai eu mon bac sans réviser.

 Après je me suis lancé, j’avais pas forcément quelque chose qui me passionnait je voulais juste travailler, tout ce qui pouvait venir je l’aurais pris. J’ai été dans le monde du travail très jeune, déjà au collège je travaillais un petit peu avec mon père. Mais j’en connais qui ont des bac +5 qui travaillent pas, ils trouvent pas dans leur domaine ou ils sont soit surqualifiés.

 

Pourquoi avoir choisi le bâtiment ?

En fait toute ma famille est dans le bâtiment. Comme j’ai trouvé un beau poste juste après mon parcours scolaire je suis resté là dedans. C’est pas forcément que ça me plaisait, mais j’ai saisi l’occasion, je me suis pas trop pris la tête. En plus j’ai commencé avec une grande qualification, donc j’avais une bonne paye dès le début.

Pourquoi choisir de se lancer en indépendant ?

Pour réussir on va dire, vu que pendant ces 9 années j’ai développé pas mal de capacités qui permettent de créer ma propre boîte. Je me suis dit au lieu d’enrichir un patron autant m’enrichir moi-même !

Et ça te fais pas peur ?

Moi je suis célibataire, j’ai une maison, je la fais louer, en fait j’ai rien à perdre quoi, j’ai mon pôle emploi pendant deux ans, qui me permet de garder un certain statut, donc je n’ai pas vraiment de risque.

« Il ne faut pas avoir peur de tomber »

Et puis je peux arrêter ma société et me relancer dans le bâtiment pour un autre patron je sais que je trouverais.

Quelles sont les qualités nécessaires pour se lancer ?

Il ne faut pas avoir peur de tomber, ça c’est primordial. Il faut persévérer, il faut avoir un certain courage pour se lancer tout seul, sachant qu’on est livré à nous même alors que à la base on avait un travail, on se souciait de rien à part travailler.

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées ?

Trouver les premiers clients ! La plupart des clients ils cherchent les avis sur internet, et vu que je viens de commencer, c’est un peu difficile. Le client il met son propre argent, il ne veut pas le mettre n’importe où.

« La routine, c'est déprimant »

Après j’ai essayé de m’orienter vers tout ce qui est grandes entreprises pour qu’ils me sous traitent quelques travaux mais ils payent 90 jours après le chantier donc il faut avoir une sacré trésorerie pour avancer les travaux, donc c’est pas à ma portée.

Comment tu vois la suite ?

Là ma clientèle première ça va être les particuliers, ensuite tout ce qui est petit travaux chez les petits commerçants du coin. Pour l’instant je propose de la maçonnerie, carrelage et du placo et par la suite essayer de faire tous les corps de métiers, pour m’occuper de tous les travaux.

Qu’est ce que t’as apporté le CLAP ?

Je m’y suis inscrit juste avant de créer mon entreprise. Au début j’étais venu pour les 1000 euros mais j’ai appris que j’allais faire face à d’autres difficultés, la communication par exemple, on a parlé un petit de tout avec mon conseiller, des clients, de ce qu’ils veulent, et maintenant j’ai une meilleure vision de la création de l’entreprise

Si tu devais me raconter le moment où ta motivation était au maximum, et à l’inverse où elle était au plus bas ?

Quand j’étais motivé c’était au début quand j’ai travaillé en intérim, j’ai investi dans ma maison, j’ai fais les travaux par la suite, donc je me suis dis « Je travaille, j’ai ma maison, je vis encore chez mes parents, je la fais louer elle me rapporte de l’argent, je pourrais en acheter une autre etc ».

« Connaître un nouveau truc mais pas pouvoir y accéder,
par manque de budget ou de temps, c’est malheureux »

C’était ça ma motivation, je voulais créer ma propre retraite dès le début, et après je me suis rendu compte que si je créé mon entreprise je pourrais me faire plus d’argent, c’est à dire avoir une retraite plus tôt. Dans 15/20 ans si je peux arrêter j’arrête le travail parce que ça me plait pas plus que ça. Le moment où j’ai été démotivé c’est quand je travaillais, je donnais plus, je m’investissais plus et que j’avais rien de plus.

Quelles sont tes passions ?

Je suis beaucoup avec la famille, j’ai de la famille à l’étranger donc je vais beaucoup les voir, voyager, profiter de la vie.

Tu te vois où dans 10 ans ?

Je serai marié, j’aurai des enfants j’espère, j’aurai plusieurs maisons que je pourrais louer, qui me ramèneraient un certain actif, et qui me permettent de profiter de la vie sans forcément avoir un travail.

Quels conseils tu donnerais aux jeunes qui ont pu passer par ta situation ?

De ne pas rester à rien faire, travailler tôt pour réussir sa vie plus tôt. Parce que être jeune c’est facile pour travailler, mais quand on vieilli, même là je le ressens, au bout de 9 ans, quand je travaille et que je commence à faire des heures je sens mon dos il commence à être cassé.

« Mes parents, quand ils sont venus en France
ils n'avaient rien et maintenant, ils ont réussi »

Et si on ne s’investit pas dans son avenir dès le début, après on devra travailler toute sa vie, toujours la même routine. La routine c’est déprimant. Faire tout le temps le même truc, pas profiter, se dire « oh demain je travaille je peux pas aller là », connaître un nouveau truc mais pas pouvoir y accéder, par manque de budget ou de temps, c’est malheureux. Persévérer, même si on ne trouve pas. Il faut travailler il faut pas avoir peur.

Quels sont tes modèles ?

Mes parents, parce que quand ils sont venus en France ils n'avaient rien et je vois où ils en sont maintenant, ils ont réussi, ils ont plusieurs maisons, ils passent leur retraite au Maroc, ils reviennent, ils voyagent. Ma mère était mère au foyer et mon père travaillait dans le bâtiment. Partir de rien et arriver jusque là c’est pas mal…