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TRAIT PORTRAIT : ANNAËLLE

Peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Je m’appelle Annaëlle j’ai 16 ans, je viens de Le Forest dans le Nord, j’ai grandi là-bas, jusqu’à mes 15 ans, l’année dernière on est arrivé à Roubaix.

Les études et moi ce n’est pas trop ça, au collège et au lycée c’était un peu compliqué. A l’école je ne m’entendais pas avec les autres, donc je me faisais souvent insulté, je n’arrivais pas trop à suivre et je me retrouvais avec des moyennes vraiment catastrophiques. J’ai fais 3 ans au collège après je suis partie en prépa pro, j’ai fais ma 3e en lycée professionnel.

"Ce n’est pas trop la joie de rester enfermé à la maison toute la journée à rien faire"

« Ce n’est pas trop la joie de rester enfermé
à la maison toute la journée à rien faire »

Après comme on a emménagé ici sur Roubaix on a du trouver un établissement, rentrée en septembre et terminé en avril, j’ai fais deux CAP, CAP Agent de sécurité de septembre à décembre et CAP Employé de commerce multi spécialités de janvier à avril.

Ça ne s’est pas bien passé ?

En Agent de Sécurité ça a été beaucoup à cause de problèmes personnels, je faisais beaucoup de crises d’angoisse donc ça devenait dangereux autant pour moi que pour les autres. En ECMS, c’était compliqué avec les autres, harcèlement, avec les profs c’était pas la joie non plus, du coup ma mère à préférer me déscolariser plutôt que de me laisser là.

Qu’est ce qui te passionne dans la vie?

Le sport, la musique, le chant, l’écriture, j’écris beaucoup, des textes, des paroles, tout ce qui me passe par la tête, pour ne pas oublier.

Qu’est ce que tu aimerais faire ?

Déjà essayer de retrouver quelque chose à faire, parce que ce n’est pas trop la joie de rester enfermé à la maison toute la journée à rien faire. Je n’aime pas ça, je suis obligée de bouger, je n’aime pas rester en place, pire qu’une pile électrique.

Et donc tes projets futurs c’est quoi ?

Le mois prochain, Unis-Cité, le service civique, après on verra bien si grâce à ça je peux retrouver quelque chose, peut être retrouver une école. J’ai cherché un peu de mon côté pour faire un CAP petit enfance, j’avais déjà trouvé l’école mais le contrat d’apprentissage à 16 ans c’est un peu compliqué, ils prennent soit plus vieux soit plus qualifié.

Tu n’es pas timide, tu vas facilement parler aux gens, comment tu expliques le fait que tu ai été harcelé pendant ta scolarité ?

Au collège c’était compliqué parce que je m’entends plus avec plus petit que moi qu’avec les gens qui ont mon âge. Plus on me cherchait plus ça m’énervait, ça finissais en bagarre, donc quand ma mère elle a su ce qui se passait… Elle sait que j’ai besoin de bouger et comme mon frère il avait fait du judo elle me dit « Tu veux pas essayer ? ». On y est allé, j’ai essayé du soir même, ça m’a vraiment plus, j’en ai fais pendant 9 ans avant de déménager ici et là je cherche pour reprendre le sport par ici mais c’est compliqué vu que ma mère ne peux pas payer la licence.

« Le contrat d’apprentissage à 16 ans c’est un peu compliqué,
ils prennent soit plus vieux soit plus qualifié »

Par ici c’est Horizon 9, une structure avec des éducateurs, ils m’accompagnent pour bouger, pour le sport, pour les études aussi, et j’ai un éducateur qui m’aide pour mes problèmes personnels.

Quels sont tes rapports avec ta famille ?

Pour moi la famille c’est important, ils ont toujours été là pour moi, c’est pour ça je préfère être avec ma famille plutôt qu’être ailleurs. Je me suis toujours livrée à ma marraine plutôt qu’à ma mère parce qu’elle ne comprenait pas forcément. J’adore les enfants vu que j’ai du m’occuper de mon petit frère, de mes petits cousins. En 2014 on avait le réveillon de noël chez ma marraine, les plus grand étaient à table, moi je taille dehors avec les petits, on jouait, je supervise un peu le truc, vingt gosses à gérer en une soirée, c’est du sport !

Selon toi qu’est ce qui te freine ?

Mon impulsivité. Mon frère il est deux fois plus impulsif que moi. Sur ce caractère là je tiens plus de lui, en même temps c’est lui aussi qui m’a appris à me défendre.

J’ai mis beaucoup de temps à comprendre ce qu’on me disait au collège. J’ai gardé contact avec un surveillant de mon collège, et je lui ai dit « Les trucs que vous me disiez avant, ça me sert vraiment, mais ça me sert que maintenant, j’arrivais pas à les comprendre avant ».

« C'est pour toi que tu travailles,
il ne faut pas travailler pour faire plaisir aux parents
 »

A chaque fois que j’allais au collège dans ma tête c’était « qu’est ce qui va se passer ? Qu’est ce qui va encore me faire ? ». Des fois quand je revenais de la cantine je voyais des photos accrochées sur mon casier parce qu’au collège il me surnommait Chucky parce que j’avais la coupe en carré plongeant et que j’avais beaucoup de cicatrice sur le visage. Un jour il y a eu un nouveau surveillant qui est arrivé il s’appelait Arthur, c’était le plus jeune des surveillants, et lui il voyait quand ça allait pas. Arthur je lui ai dit « C’est bizarre depuis que t’es là je me bats plus, les gens ils m’énervent mais je les frappe pas », il m’a sorti « c’est peut être que je suis un peu un porte bonheur pour toi » j’ai rigolé mais c’était un peu vrai ce qu’il disait. Et comme on m’a dit : « Quand tout va mal vaut mieux en parler à quelqu’un plutôt que de se renfermer sur soit même parce qu’après ça amène à des situations catastrophiques.».

Et qu’est ce qui te motive ?

J’ai jamais baissé les bras, quand je vois qu’il y a des obstacles, je vais essayer de les surmonter coûte que coûte, je vais savoir y arriver même si ça va me prendre du temps. On fais ça pour nous on fait pas ça pour les autres, les autres ils peuvent essayer de bousiller ce qu’ils veulent c’est pour toi que tu travailles, faut pas travailler pour faire plaisir aux parents, mais pour te faire plaisir à toi. Et faut en avoir de la motivation …

Dans 10 ans dans le monde idéal tu te vois où ?

J’espère plus être ici, dans ce petit appartement … j’espère pouvoir trouver un travail, pour pouvoir prendre mon indépendance et si il faut aider ma mère. Reprendre mes études, faire un diplôme. Le monde idéal pour moi c’est soit le sport soit la petite enfance.

portrait driss


TRAIT PORTRAIT : DRISS


Peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Je m’appelle Driss, j’ai 29 ans, je viens de créer une société en SASU dans le bâtiment. J’habite à Roubaix depuis mes 2 ans, j’étais à l’école à Roubaix, j’ai fait un BAC STI électrotechnique et un BTS Informatique, j’ai pas trop aimé donc je me suis réorienté dans le bâtiment.

« Je n’étais pas sérieux à l’école, c’était l’insouciance,
on n’avait pas d’objectifs »

 

J’ai travaillé presque 9 années dans le bâtiment, avec le même patron, j’ai acquis pas mal d’expérience donc c’est pour ça que je voulais créer ma propre entreprise, essayer de travailler pour moi même.

Comment étais-tu à l’école ?

Je n’étais pas sérieux à l’école, c’était l’insouciance, on n’avait pas d’objectifs.Et puis le week-end et des fois le soir je travaillais, en fait mon temps libre c’était pendant l’école, donc je me reposais, je m’amusais là bas, c’est ça qui a fait que j’ai chaviré mais sinon je m’en sortais bien à l’école, j’ai eu mon bac sans réviser.

photo johann

 
TRAIT PORTRAIT : JOHANN

 

Peux tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Moi c’est Johann, j’ai fait toutes mes études dans la publicité et comme l’intégralité de ma classe, arrivé à la fin de mon parcours, j’ai été bloqué. Donc là je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose. Je connaissais quelqu’un qui pouvait me prendre en apprentissage de coiffure en CAP, je me suis dit pourquoi pas, autant faire quelque chose pour un an. Par contre mon patron m’a un peu dégouté du métier donc j’ai abandonné cette voie là professionnellement, mais je continue toujours sur mes proches, j’adore coiffer. J’ai été coiffer pour un défilé à Bruxelles, c’est des trucs qu’on oublie pas, et que je peux mettre dans mon book.

« J’ai fait toutes mes études dans la publicité
et à la fin de mon parcours, j’ai été bloqué »

Ensuite j’ai eu l’opportunité de reprendre mes études dans la pub. J’ai fait ma première année de remise à niveau et ensuite je devais faire un BTS Mode et en fait l’école a fermé … J’ai du faire des petits jobs, parce qu’il fallait bien faire quelque chose. Avec les trois cordes que j’avais je trouvais rien de concret donc là je me suis dit pourquoi pas lancer mon entreprise. J’en parlais avec ma meilleure amie qui est coiffeuse, elle me disait lance toi. Je me suis dit je vais me lancer dans la prothésie ongulaire, toujours dans l’esthétique tout ça j’adore. J’ai fait une formation pour voir si ça me plaisait et ça m’a vachement plu. J’ai commencé à faire sur mes cousines, mes amies, et elles étaient super contente. Je me suis dis de toute façon t’as rien à perdre, t’essaye et puis si t’y arrive pas t’aura essayé et si t’y arrive tant mieux pour toi.

D’où viens-tu ?

Je suis né à Roubaix mais j’ai grandi toute mon enfance à Lys-lez-Lannoy, je suis encore chez mes parents et là je commence à … une petite indépendance ça serait bien. Les jeunes ils pédalent vachement dans la semoule maintenant au niveau de leur avenir.

« Je me suis dit je vais me lancer dans la prothésie ongulaire »

Je ne dis pas que les études dans la publicité ça m’a servi à rien, mais j’aurai pas perdu tout ce temps, je me serai lancé tout de suite et j’aurai pu le faire dans le salon à ma grand-mère, parce qu’elle avait un salon de coiffure à elle. Elle me l’a dit « T’aurais fait ça deux ans plus tôt on aurait travaillé ensemble » du coup j’étais dégouté, reprendre l’affaire familiale j’aurai été super heureux.

Quand as tu découvert la Mission Locale ?

Avant j’étais inscrit à Pôle emploi, et c’est ma voisine qui m’a parlée de la Mission Locale, elle m’a dit « Va y ils aident beaucoup les jeunes ». C’est Farida qui m’a accueillie et depuis j’ai toujours été suivi par elle.

Et le CLAP ?

Le CLAP c’est assez récent, c’est Farida qui m’en avait parlé, ils sont là pour nous accompagner. Florentin il m’a beaucoup aidé pour tout le dossier, c’est des choses qui me serviront plus tard, si je dois passer des concours, ou pour une banque.

Donc là tu as commencé ton activité, comment ça se passe ?

Les premières semaines ça a été dur, j’étais un peu déprimé, j’avais que des personnes que je connaissais donc du coup je me suis dit ça va s’arrêter là mais en fait après avec la pub, le bouche à oreille, les réseaux sociaux tout ça maintenant j’ai des gens de l’extérieur qui viennent donc ça fait plaisir.

« Je veux vraiment leurs montrer
que je sais me débrouiller tout seul et réussir »

C’est comme là je vais faire une amie samedi, je finissais avec elle et elle me dit « J’ai deux amies avec moi est ce que ça te dérangerai de les faire ? » J’ai dit je vais peut être finir à 20h un samedi soir mais au moins ça me fait de la clientèle. Mon amie coiffeuse elle m’a dit il faut au moins un an pour te faire une bonne clientèle.

Qu’est ce que tu aime dans ce métier ?

La créativité, que ce soit avec la coiffure ou pour les ongles, embellir les gens j’aime bien, aider la personne à se sentir bien. Des fois j’ai des amis qui n’ont pas trop le moral, ils m’appellent pour les chouchouter, après ils sont toute suite mieux. C’est vraiment le côté créatif aussi, c’est pour ça que je suis resté dans cette branche là, au début je commençais à viser les bureaux mais en fait je ne saurai pas rester derrière un ordinateur.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Être créatif, avoir de la patience, beaucoup de patience, de la précision, être méticuleux et avoir une âme d’artiste.

Et quelles sont tes sources d’inspiration ?

Ce qui m’attire c’est l’événementiel, tout ce qui est célébrités comme Lady Gaga, Nicki Minaj, Beyoncé, elles ont des supers coupes et à chaque fois elles ont des ongles niquels, c’est des griffes limite !

Si tu devais me raconter le moment où ta motivation était au maximum, et à l’inverse où elle était au plus bas.

Ma motivation maximum ça a été quand j’ai commencé au tout début parce que j’avais plus rien à perdre, j’ai quand même 23 ans, je me suis dit là faut tout donner, faut foncer. Et puis c’est quand même classe quand on dit j’ai mon entreprise, je réussi, on sait que la personne elle est responsable, c’est ça aussi que je veux prouver aux autres. Jusque maintenant ma famille m’a beaucoup épaulé et là je veux vraiment leurs montrer que je sais me débrouiller tout seul et réussir. Ma motivation au plus bas, c’était au début la formation en prothésie ongulaire, je voyais les nanas dans les salons qui magnaient déjà le truc super bien je me disais mais comment je vais faire pour apprendre tout ça en deux semaines ça va pas être possible et en fait si je l’ai fais. La formatrice elle m’a dit « Les meilleurs élèves avec qui j’ai travaillé c’était les garçons, et elle m’a dit t’en fais partie ».

« Je voudrais une vie simple mais réussie »

Mais c’est vrai qu’au début je stressais un peu je me disais j’ai pas ma clientèle, les stocks… Quand j’ai commencé les papiers pour mon entreprise j’étais perdu, mais je voulais demander de l’aide à personne, donc du coup j’avais des rendez-vous tout le temps à la chambre des métiers, j’avais toujours des questions à poser. C’est sur que j’ai perdu un peu de temps là dessus mais au moins je me suis débrouillé tout seul. Et puis bon c’est toujours des démarches où il faut attendre, du coup j’étais toujours en stress, j’avoue j’ai eu des coups de déprime, mais mon entourage me l’a dit « T’inquiète pas ça va pas venir du jour au lendemain ».

Tes soutiens principaux c’est qui ?

Ma famille et mes amis. Ils m’ont fait confiance. Mes meilleurs amis me disaient « Je veux vraiment t’encourager, je veux vraiment mettre dans ton entreprise, je crois en toi », ils m’ont toujours payé la totalité de leur prestation. Quand je leurs ai dis « Je me suis lancé ça y est », ils étaient super fier de moi. Ma famille c’est pareil, mon parrain, mon tonton, ma mère, mon père, ma grand-mère surtout elle était contente.

Tu n’as pas eu des remarques du type « C’est risqué, t’es sûr de ce que tu fais » ?

Je m’attendais à ces remarques là au début surtout venant de ma famille et en fait ils m’ont dit « Ecoute on est vraiment content pour toi, essaye ». Bon sauf mon parrain, c’est un homme de bureau, lui il m’a dit « Tu vas pas faire ça tout le temps ? Tu vas retourner dans la publicité ? ».

Dans 10 ans tu t’imagines où ?

J’aimerais avoir mon bar à ongle, à Toufflers pourquoi pas, ça serait vraiment le top, que je me soucie pas du lendemain. Je suis une personne qui gagne de l’argent pour vivre mais pas qui vit pour l’argent. Tant que je gagne et que je me fais plaisir à moi et aux autres, c’est le principal. Une clientèle fidèle c’est ce que j’espèrerais, et une vie simple mais réussie.

portrait saoussen

 
TRAIT PORTRAIT : SAOUSSEN


Peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Je m’appelle Saoussen, je suis née et j’ai grandi à Roubaix, dans un contexte familial « différent » parce que je suis orpheline de mère. Je dis que de mère parce que mon père, je ne l’ai jamais connu. J’ai été élevée par ma tante et mon oncle que je considère comme mon père. J’ai commencé la pratique de l’escrime avec mon école. Chez moi on me disait que je ne devais pas rester inactive, que la télé ce n’était pas bon pour moi. La salle d’escrime était pas loin, je me suis dit pourquoi pas. J’ai commencé par des petites compétitions au niveau régional puis au national. J’ai été repérée par le Pôle Jeune d’Orléans, j’y suis restée deux ans et en 2012 j’intègre l’INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), la grande école de sport à Paris.

« Ma famille me manquait, du coup
j’ai pris la décision de quitter l’INSEP »

L’année dernière suite à un problème d’argent de mon sponsor, j’ai perdu mon sponsor principal, et quand j’étais aux JO j’ai perdu ma grand-mère. C’était mon modèle et ça m’a fait prendre conscience que ma famille me manquaitdu coup j’ai pris la décision de quitter l’INSEP pour revenir m’entrainer à Roubaix. Suite à mon changement de club je ne suis plus trop encadrée par la Fédération et je dois me débrouiller un peu toute seule. J’ai toujours été chouchoutée par le monde du sport, on ne m’a jamais ouvert les yeux sur ce qui m’attendait après ma carrière et je suis tombée et je tombe encore un peu de haut.